Au Pakistan, de nouvelles pluies torrentielles ont provoqué la mort d’au moins 344 personnes en deux jours, portant à 657 le bilan de la mousson depuis fin juin. Les secours peinent à atteindre les zones sinistrées, tandis que les autorités redoutent une intensification des précipitations dans les prochaines semaines.
En seulement 48 heures, les pluies torrentielles qui s’abattent sur le nord du Pakistan ont fait au moins 344 morts, portant à 657 le nombre de victimes depuis le début d’une saison inhabituellement intense de mousson fin juin. La province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan, déplore à elle seule 307 décès, soit la moitié des morts de cette saison de mousson, indique l’Autorité de gestion des catastrophes.
Samedi matin, les recherches se poursuivaient pour tenter de récupérer des corps ensevelis sous les décombres, avec plus de 2 000 secouristes mobilisés, a déclaré à l’AFP Bilal Ahmed Faizi, porte-parole des secours de la province. « Les fortes pluies, les glissements de terrain et les routes bloquées entravent l’accès aux ambulances et les secouristes doivent se déplacer à pied », ajoute-t-il.
Les secours « tentent d’évacuer les survivants, mais très peu acceptent de partir, car ils ont perdu des proches, encore prisonniers des décombres », poursuit Bilal Ahmed Faizi.
« Ce matin, quand je me suis réveillé, la terre que notre famille cultivait depuis des générations – et le petit terrain où nous jouions au cricket depuis des années – avaient disparu », témoigne auprès de l’AFP Muhammad Khan, un habitant du district de Buner, qui compte 91 morts.
Le Pakistan, un pays très vulnérable aux effets du changement climatique
« On dirait que toute la montagne s’est effondrée, la région est recouverte de boue et d’énormes rochers », ajoute l’homme de 48 ans, racontant avoir extrait « 19 corps des décombres ». « Nous continuons à rechercher des proches disparus. Chaque fois que l’on découvre un corps, on ressent une profonde tristesse, mais c’est aussi un soulagement de se dire que la famille pourra récupérer la dépouille », raconte-t-il.
L’Autorité provinciale de gestion des catastrophes du Khyber – Pakhtunkhwa a déclaré « sinistrés » de nombreux districts où « des équipes de secours ont été déployées en renfort » pour tenter d’approcher des hameaux à la géographie accidentée.
Saifullah Khan, un enseignant de 32 ans, assure que tout le district de Buner est sous le choc. « Les habitants récupèrent les corps et organisent des prières funéraires », mais « nous ne savons toujours pas qui est mort ou vivant », raconte-t-il. « J’ai retrouvé les corps de certains de mes élèves et je me demande ce qu’ils ont fait pour mériter ça. »
Neuf autres personnes ont trouvé la mort dans le Cachemire pakistanais, tandis que dans le Cachemire administré par l’Inde, au moins 60 victimes ont été recensées dans un village himalayen – et 80 autres sont toujours portées disparues.
Enfin, cinq personnes sont mortes dans la région touristique du Gilgit-Baltistan, à l’extrême nord du Pakistan, particulièrement prisée l’été des alpinistes venus du monde entier, mais que les autorités recommandent désormais d’éviter.
La plupart des victimes ont été emportées par des crues subites, ou sont mortes dans l’effondrement de leur maison, électrocutées ou frappées par la foudre.
Vendredi, un hélicoptère venu à la rescousse s’est écrasé, faisant cinq morts supplémentaires.
Pour Syed Muhammad Tayyab Shah, de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, « plus de la moitié des victimes sont mortes à cause de la mauvaise qualité des structures ».
Le pays, le cinquième le plus peuplé au monde, est l’un des plus vulnérables aux effets du changement climatique et les pluies vont encore s’intensifier ces deux prochaines semaines, préviennent les autorités.
Les 255 millions de Pakistanais ont déjà subi ces dernières années des inondations massives et meurtrières, des explosions de lacs glaciaires et des sécheresses inédites, autant de phénomènes qui vont se multiplier sous l’influence du dérèglement climatique, alertent les scientifiques.
Depuis le début d’une mousson estivale qualifiée d' »inhabituelle » par les autorités, 657 personnes, dont une centaine d’enfants, ont été tuées, tandis qu’au moins 888 autres ont été blessées.
Avec AFP
Guinée Quotidien Bienvenue sur Guineequotidien, notre mission est de vous informer