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Après l’incendie de Madina : renforcer la sécurité des constructions scolaires en Guinée (Par Soninké Diané)

L’incendie survenu hier dans une école de fortune à Madina, dans la commune de Matam, est une blessure nationale. Il rappelle, avec brutalité, que des milliers d’enfants étudient encore dans des structures précaires, inflammables, surpeuplées et totalement dépourvues de normes de sécurité.

Mais il faut également reconnaître une réalité importante : depuis quelques années, l’État guinéen a engagé de réels efforts dans la construction d’écoles publiques modernes, plus sûres, plus aérées, mieux équipées, et alignées sur les standards internationaux. Ces écoles montrent le chemin à suivre. Elles prouvent que lorsque la volonté politique existe, la Guinée est capable de bâtir des infrastructures éducatives dignes de ce nom.

Cependant, ces progrès, bien que significatifs, restent encore insuffisants face à la pression démographique, aux besoins croissants et à la prolifération des écoles de fortune dans plusieurs quartiers urbains et ruraux. Le drame d’hier révèle que l’écart entre les écoles modernes construites par l’État et les structures improvisées reste trop grand, trop dangereux et trop coûteux en vies humaines potentielles.

Interpeller l’État, ce n’est pas nier les efforts : c’est demander leur accélération.

Conakry et l’intérieur du pays sont aujourd’hui envahis par des établissements scolaires construits sans règles, sans ventilation, sans issues de secours, souvent dans des maisons transformées ou des baraques en bois et en tôles.
Ces lieux ne sont pas des écoles : ce sont des risques imminents.

Les parents y envoient leurs enfants par nécessité, faute d’alternatives proches ou abordables.

Pour éviter d’autres drames, voici ce que l’État doit renforcer et accélérer :

1. Un audit national de sécurité dans toutes les écoles

Publiques, privées, communautaires ou improvisées.
Les écoles doivent être classées :

– conformes,
– à réhabiliter,
– à fermer immédiatement.

2. Un standard national obligatoire de construction scolaire

Inspiré des normes UNESCO/UNICEF, incluant :

– issues de secours,
– matériaux non inflammables,
– installations électriques sécurisées,
– ventilation naturelle,
– espaces minimaux par élève.

Aucune école, publique ou privée ne doit fonctionner en dehors de ce cadre.

3. Renforcer le rôle des communes dans le contrôle urbanistique scolaire

Les mairies doivent pouvoir :

– inspecter,
– sanctionner,
– fermer les écoles dangereuses.

Les efforts centralisés doivent aller de pair avec une responsabilité locale accrue.

4. Encadrer strictement les écoles privées

Certaines transforment des garages ou des maisons en classes, parfois sans la moindre norme.
Le privé est un partenaire utile, mais il doit respecter la vie des enfants avant tout.

5. Accélérer le programme de construction d’écoles publiques modernes

Les efforts visibles doivent être démultipliés, surtout dans les zones à forte densité comme Matam, Matoto, Ratoma, ainsi que dans plusieurs préfectures de l’intérieur.
Il est temps de remplacer les écoles précaires par :

– des bâtiments solides,
– ventilés,
– sécurisés,
– avec cour de récréation,
– et des salles conformes.

La question qui demeure est simple : combien d’incidents comme celui de Madina devons-nous encore vivre avant que la sécurité scolaire devienne une priorité absolue ?

Reconnaître les progrès est important.
Accélérer les réformes est indispensable. Protéger nos enfants est un devoir national. Car une école doit être un lieu de savoir, jamais un lieu de danger.

 

Par Soninké Diané

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