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ARCHIVE - L'Afrique subsaharienne compte 640 000 nouvelles infections de Sida sur les 1,3 million enregistrés dans le monde en 2023. Photo: Arne Dedert/dpa

Santé publique/Coupes budgétaires : la lutte contre le sida menacée, selon la DSW

L’Afrique subsaharienne, concentrant plus de la moitié des personnes vivant avec le virus, est la région la plus vulnérable aux coupes budgétaires qui menacent la lutte contre l’épidémie.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, la Fondation allemande pour la population mondiale (DSW) a averti que les coupes budgétaires massives menacent d’anéantir les progrès accomplis contre le VIH/sida. Elle a exhorté la communauté internationale à prévenir un tel recul, qui mettrait en péril d’innombrables vies humaines. La DSW regrette l’issue de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial – réunie récemment à Johannesburg – qui n’a permis de récolter que 63 pour cent de la somme nécessaire. Le manque de 6,6 milliards de dollars compromet considérablement l’objectif de l’ONU de vaincre la maladie dans le monde d’ici 2030, a souligné la Fondation.

L’OCDE prévoit pour cette année une chute de 30 à 40 pour cent du financement mondial par rapport à 2023. Selon la DSW, cette baisse engendre déjà de graves perturbations dans les pays vulnérables : fermetures de cliniques et pénuries de médicaments. En Afrique subsaharienne, 450 000 femmes sont désormais privées du suivi essentiel pour prévenir la transmission du VIH à leurs enfants.

Accès difficile, notamment en Ouganda et au Burundi

Plus de 60 pour cent des organisations dirigées par des femmes ont perdu leurs financements, obligeant nombre d’entre elles à cesser leurs activités. L’accès au traitement préventif contre le VIH a chuté en Ouganda (-38 pour cent) et au Burundi (-64 pour cent). La distribution des préservatifs s’effondrait de 55 pour cent au Nigeria début 2025. L’ONUSIDA prévient que ce recul pourrait engendrer 3,9 millions de nouvelles infections d’ici 2030.

À l’échelle mondiale, 45 pour cent des nouvelles infections concernaient des femmes et des filles, une proportion qui grimpe à 63 pour cent en Afrique subsaharienne. « Ce sont précisément elles qui subissent le plus durement les coupes dans le financement de la santé mondiale », a souligné Angela Bähr, directrice des programmes de la DSW. La DSW rappelle qu’en 2024, 84 pour cent des femmes enceintes séropositives avaient accès à des médicaments pour prévenir la transmission du VIH à leur enfant. Cependant, les coupes dans le financement — aggravées par le retrait de l’USAID — font désormais planer le risque de reculs majeurs dans ce domaine.

 

 Avec dpa-news

 

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