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ARCHIVE - Quelque 18 645 migrants irréguliers ont été secourus en mer en 2024. Photo: Oliver Weiken/dpa

Migration irrégulière : Plus de 3 000 migrants morts ou disparus en rejoignant l’Espagne

Après le dramatique bilan de 10 000 morts en 2024, l’année écoulée rappelle que les traversées maritimes vers l’Espagne demeurent très dangereuses pour les migrants.

Plus de 3 000 personnes sont mortes ou portées disparues en 2025 en tentant de rejoindre l’Espagne, selon le rapport annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras, qui recense 303 naufrages sur les routes migratoires vers la péninsule ibérique et ses archipels. La route atlantique au départ de la Mauritanie demeure la plus meurtrière, avec 1 319 victimes. En Méditerranée occidentale, la route algérienne se distingue par la répétition des drames, concentrant désormais 70 pour cent des disparitions de navires, principalement à destination de l’archipel des Baléares.

L’organisation met en cause les politiques de gestion des frontières dans cette mortalité. D’après elle, les conditions météo ne constituent pas le principal facteur, 72 pour cent des décès étant liés à l’absence d’activation des secours ou à des délais d’intervention jugés prolongés. L’ONG qualifie 2025 « d’année de la persécution globale » des migrants et critique une « nécropolitique institutionnalisée » qu’elle estime centrée sur le contrôle sécuritaire au détriment de l’obligation d’assistance en mer, transformant la frontière en un instrument de tri mortel.

Une hausse préoccupante de la mortalité infantile

L’analyse critique la stratégie d’externalisation des frontières menée par l’Espagne et l’Union européenne. Les financements octroyés aux pays de transit, notamment la Mauritanie et le Sénégal, ont déplacé la violence vers le sud, entraînant une hausse des détentions arbitraires sans réduire les risques pour les candidats au départ.

Le rapport souligne une hausse préoccupante de la mortalité infantile, notamment lors des tentatives de traversée à la nage vers Ceuta. Il relève également que le durcissement sécuritaire a favorisé l’ouverture de routes encore plus périlleuse, dont un nouvel itinéraire de 2 200 kilomètres depuis la Guinée. L’étude fustige l’impunité entourant ces disparitions et l’absence de protocoles d’identification des dépouilles. Cette « invisibilisation » prive des milliers de familles du droit à la vérité et au deuil, les laissant dans une incertitude permanente.

 

Avec dpa-news 

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