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Grâce présidentielle : Pour Cellou Dalein Diallo, Aliou Bah « n’aurait jamais dû être condamné »

La grâce présidentielle accordée par le Général Mamadi Doumbouya à Aliou Bah, président du MoDeL, continue de susciter des réactions dans la classe politique.

Dans une déclaration publiée ce jeudi, le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a vivement critiqué la démarche du chef de l’État, estimant qu’elle illustre une personnalisation du pouvoir.

« Mamadi Doumbouya démontre, chaque jour, que la détention ou la liberté de ses concitoyens ainsi que la jouissance de leurs droits ne dépendent désormais que de son bon vouloir », écrit-il.

Selon lui, le président voudrait « faire des citoyens guinéens ses obligés, voire ses sujets, et de l’État et de ses institutions, sa chose ».

« On ne gracie pas une injustice »
Revenant sur le cas d’Aliou Bah, arrêté le 26 décembre 2024 puis condamné le 25 janvier 2025 à deux ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », Cellou Dalein Diallo estime que l’opposant « n’aurait jamais dû être arrêté ou condamné ».

« On ne peut pas gracier quelqu’un qui n’aurait jamais dû être condamné. Mamadi Doumbouya ne peut pas être à la fois l’auteur de l’injustice et celui qui vient ensuite s’attribuer le mérite d’y mettre fin », affirme-t-il.

Il ajoute que « la grâce ne fait disparaître ni l’injustice initiale, ni les mois de liberté volés, ni les préjudices subis par Aliou Bah et sa famille ».

L’arrêt de la CEDEAO mis en avant
Le leader de l’UFDG rappelle que la Cour de justice de la CEDEAO, saisie du dossier, avait ordonné le 25 juin dernier la « mise en liberté immédiate et sans condition » d’Aliou Bah, avant de saisir à nouveau l’État guinéen le 25 septembre pour s’assurer de l’exécution de son arrêt.

« Si Mamadi Doumbouya était réellement préoccupé par la libération d’Aliou Bah, il aurait tout simplement appliqué, comme il en a l’obligation, l’arrêt de la Cour de la CEDEAO », soutient-il.

Pour Cellou Dalein Diallo, « Aliou Bah n’a rien à devoir à une quelconque clémence présidentielle », attribuant le mérite de cette libération à « son courage, à sa constance, à sa résilience et à la Cour de justice de la CEDEAO ».

Il conclut en appelant à refuser « que le fait du Prince soit notre boussole, qu’il remplace la Constitution et les lois de la République »

 

Karifa Zoumanigui pour GuineeQuotidien 

 

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