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Procès du 28 septembre : L’introspection des accusés dans le grimoire

Après 13 ans d’attente le procès du massacre du 28 septembre 2009 s’est enfin ouvert le mercredi 28 septembre 2022 à Conakry date d’anniversaire dudit évènement et du référendum Guinée de 1958.

Une scène sanglante et indescriptible en 2009 lors d’un rassemblement des forces vives au stade du 28 septembre de Conakry qui aurait provoqué la mort d’une centaine de personnes, des cas de blessés énormes et de viols sous le règne du CNDD du Colonel Moussa Dadis Camara à l’époque Président de la Transition.

Considérée comme l’un des événements les plus macabres que le pays n’ait jamais connu depuis lors de ces 30 dernières années. Elle aurait presque effiloché le tissu social en République de Guinée.

Dans la salle du tribunal ad hoc créée pour la circonstance, les accusés ont à tour de rôle décliner leurs identités.

Puis, le Président de cette juridiction a esquissé les faits auxquels ils sont reprochés notamment de meurtre, de séquestration, d’assassinats, viols, pillages, vol à main armée, coups et blessures volontaires, outrage à l’agent de force publique…

Parmi ces accusés, figurent entre autres l’ancien Président du CNDD le Colonel Moussa Dadis Camara, le Colonel Moussa Tiegboro Camara, Claude Pivi, Toumba Diakité et tant d’autres.

Si la volonté manifeste de cet actuel gouvernement de transition est d’en terminer définitivement avec cette étape alors l’apport du pouvoir précédent n’affichent aucune détermination à tenir ce procès tant sollicité par le peuple.

Ce, malgré les cris morigénés par les victimes et quelques ONGs de défense des droits de l’homme puisque l’évolution de ce dossier était grêle ou s’il faut le dire mise aux oubliettes.

Chacun d’ailleurs s’interrogeait comment les va-nu-pieds ayant supporté tous les supplices de cet évènement sanguinaire seront rétablis dans leurs droits.

Qui aurait donné le ton aux forces de sécurité d’aller sur ce site malgré l’interdiction de tout attroupement et de faire usage de leurs armes s’interrogent tous les guinéens épris d’impatience ?

Ces agents ayant commis de telles atrocités sont-ils tenus d’une obligation d’obéissance ou auraient-ils agi délibérément ? 

Le corps magistral de cette juridiction exceptionnelle pourra-t-il supporter toutes les perceptions populaires ou tout acte d’intimidation ?

La tenue de ce procès est-elle nécessaire dans cette phase de transition du CNRD ?

Ces pléiades d’interrogation ne cessent de hanter les citoyens lambdas.

Intérieurement au moment actuel, toutes les personnes qui directement ou indirectement ont joué un rôle dans l’accomplissement d’une action quelconque au cours de ce massacre n’ont quasiment pas les esprits tranquilles. Dans leurs pensées pourraient se mêler des regrets et inquiétudes à la fois.

Par-delà, l’ouverture de ce procès va être une sorte de soulagement pour les victimes qui souhaitent que le Droit soit dit afin d’obtenir réparation alors qu’ils s’étaient tellement morfondus depuis tant d’années.

Si toutefois ce procès se tient dans les règles de l’art, l’appareil judiciaire guinéen par conséquent aurait franchi une étape cruciale et évolutive. Ce, suite à un coup de maître de ce gouvernement de transition à travers l’abnégation du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Alphonse Charles Wright.

Ainsi, beaucoup de guinéens d’ici et d’ailleurs pourront tirer des enseignements dans ce contexte comme quoi la vie est aussi pleine de balbutiement et de surprise.

En attendant, suite à la demande du collectif des avocats des accusés, le procès est renvoyé par le parquet le 4 octobre prochain.

Il advient dorénavant au collège des avocats de ces derniers de réussir tous les éléments constitutifs pour défendre maintenant leurs clients qui, pour l’heure bénéficient d’une présomption d’innocence.

Certes, de nouveaux rebondissements dans ce dossier pourraient surgir de nouveau.

 

Aboubacar Arafan Camara 

 

 

 

 

 

 

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