La récente prise de position du journaliste sénégalais Cheick Yérim Seck au sujet du président guinéen Président Mamadi Doumbouya continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique. Entre liberté d’expression et respect des règles juridiques internationales, le débat s’intensifie sur les réseaux sociaux.
Dans une publication argumentée, le juriste Kalil Camara rappelle les fondements juridiques encadrant les accusations de diffamation visant des autorités étrangères. Selon lui, en matière d’offense ou de diffamation contre un chef d’État ou des institutions d’un autre pays, la procédure ne relève pas de l’improvisation médiatique, mais d’un cadre légal bien défini. Chaque État dispose, en effet, de mécanismes judiciaires permettant de traiter ce type de contentieux à travers une saisine diplomatique.
Le juriste souligne que le procureur d’un pays ne peut, en principe, engager des poursuites sans une plainte formelle émanant des autorités de l’État concerné. Une précision de taille qui replace la polémique dans un cadre strictement légal, loin des émotions et des interprétations hâtives.
Pour illustrer ses propos, Kalil Camara évoque un précédent récent, celui d’un journaliste malien condamné pour offense à un chef d’État étranger, à la suite d’une plainte déposée par les autorités nigériennes. Un exemple qui démontre que les États n’hésitent pas à recourir aux voies judiciaires pour défendre leur image et leurs institutions.
Au-delà de la procédure, le juriste insiste sur un principe fondamental du droit de la presse : l’exception de vérité (exceptio veritatis). Devant la justice, un journaliste peut se défendre en apportant la preuve des faits qu’il avance. Mais cette possibilité, précise-t-il, repose exclusivement sur des éléments concrets, vérifiables et irréfutables. À défaut, l’auteur des accusations s’expose à des sanctions.
« Il n’y a pas de place pour la supposition devant la justice », rappelle-t-il avec fermeté, soulignant qu’accuser un responsable public implique une responsabilité lourde : celle de prouver chaque allégation.
Dans ce contexte, la sortie de Cheick Yérim Seck relance le débat sur les limites de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest. Si celle-ci demeure un pilier essentiel de la démocratie, elle ne saurait se dissocier des exigences de rigueur, de responsabilité et de respect des cadres juridiques.
Dès lors, si les propos de Cheick Yérim Seck sont jugés diffamatoires à l’encontre du président Mamadi Doumbouya et des institutions guinéennes, il reviendrait aux autorités de Guinée d’emprunter la voie diplomatique en saisissant officiellement la justice de Sénégal, notamment à travers son ambassade à Dakar.
Une telle démarche, loin d’être une simple riposte politique, s’inscrirait dans une logique de respect des règles de droit et de défense de l’image de l’État. Elle permettrait également de situer les responsabilités, en offrant à la justice sénégalaise, reconnue pour son indépendance, l’opportunité d’examiner les faits, d’apprécier les preuves et, le cas échéant, de dire le droit.
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