Le littoral guinéen, long de 320 kilomètres et abri des plus importantes mangroves d’Afrique de l’Ouest, est aujourd’hui à la croisée des chemins. Face à la multiplication des pressions anthropiques et climatiques, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable a lancé ce mardi 23 juin 2026, à travers le Centre National de Protection du Milieu Marin et des Zones Côtières (CNPM-ZC), une réunion interministérielle cruciale de deux jours visant à planifier rationnellement l’usage des terres côtières.
Un littoral stratégique mais asphyxié par les pressions
Urbanisation galopante, infrastructures portuaires, projets miniers, agriculture intensive et dérèglement climatique : les menaces qui pèsent sur l’écosystème côtier guinéen sont multiples. Comme l’a rappelé Moustapha Le Grand Sylla, Chef de Cabinet du Ministère de l’Environnement et du Developpement Durable, ces espaces jouent pourtant un rôle vital de bouclier contre l’érosion et l’élévation du niveau de la mer, tout en séquestrant le carbone et en faisant vivre des milliers de ménages.
Actuellement, le manque de synergie transforme parfois cette richesse en source de tensions. « La superposition des activités agricoles, urbaines, touristiques et minières crée des conflits d’usages qui menacent la durabilité de nos ressources », a alerté Alpha Oumar Bah, Directeur national adjoint du CNSOE, appelant à une mobilisation collective immédiate.
Quatorze ministères articulés autour d’une ambition commune
Financée par la Banque mondiale, cette initiative réunit une trentaine d’experts issus de 14 départements ministériels. L’objectif final est clair : poser un diagnostic sans complaisance de l’occupation des sols pour aboutir à l’élaboration du tant attendu Plan de Gestion Intégré des Zones Marines et Côtières de la Guinée.
Pendant 48 heures, les discussions s’articuleront autour de plusieurs axes majeurs :
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Le diagnostic de l’occupation actuelle et de l’impact des activités humaines.
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La révision et l’harmonisation du cadre juridique et institutionnel.
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La création d’un cadre permanent de concertation multisectorielle.
Pour Mamoudou Binta Keïta, Chef du Département de Protection des Zones Côtières au CNPM-ZC, cette approche participative est la seule issue viable : « Nous voulons mener une concertation approfondie […] afin de nous assurer que l’ensemble des intervenants évoluant dans cet espace soient pleinement impliqués. »
Les conclusions de cet atelier, attendues pour le 24 juin, jetteront les bases d’un cadre stratégique capable de concilier enfin impératifs de développement économique, justice sociale et résilience face au changement climatique.
Karifa Zoumanigui pour GuineeQuotidien
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