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Au moins 72 migrants sont morts en tentant de rejoindre Ceuta, selon Madrid

Parmi les dizaines de milliers de migrants ayant tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta ces derniers jours, 72 personnes sont décédées selon Madrid. Le ministère marocain de l’Intérieur a, lui, donné un premier bilan de 11 morts. La police et l’armée poursuivaient leurs patrouilles dimanche et procédaient toujours à des arrestations et expulsions.

Alors que la situation s’est calmée à Ceuta après plusieurs journées agitées, les autorités comptent les morts parmi les migrants qui ont tenté de gagner de force l’enclave espagnole.

Selon le dernier bilan, au moins 72 migrants ont perdu la vie lors de cette tentative, alors que la police et l’armée patrouillaient, dimanche 2 août, et procédaient toujours à quelques arrestations et expulsions. Le ministère marocain de l’Intérieur a donné, lui, un premier bilan de 11 morts – 10 par noyade et une personne ayant chuté d’une zone rocheuse entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, selon un communiqué.

Selon Madrid, la « quasi totalité » des quelque 60 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière ont depuis été renvoyées au Maroc voisin, où les autorités n’ont fait aucun commentaire sur ce soudain afflux, décrit par le gouvernement autonome de Ceuta comme le pire jamais vu dans l’enclave et dont le bilan humain ne cesse de s’aggraver.

« Le dernier chiffre que nous ayons est de 72 », a indiqué le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, à des journalistes qui l’interrogeaient sur le nombre de morts. Beaucoup de personnes se sont noyées.

Une association parle de « près de 130 victimes » et de dizaines de disparus

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a, elle, fait état de « près de 130 victimes » et de dizaines de disparus, et appelé, samedi, à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les causes de cet afflux inédit de migrants entre la ville marocaine de Fnideq et l’enclave espagnole.

Elle a condamné « le silence inquiétant des responsables et des institutions » du Maroc, estimant que ce mutisme a contribué à cet afflux. Une source proche du milieu associatif a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que « la façon dont les choses se sont passées » laissait penser que ces arrivées massives à la frontière n’avaient pas pu se produire sans l' »accord des autorités » marocaines.

Les autorités marocaines n’ont communiqué ni sur le bilan ni sur les arrestations qui ont eu lieu au moment des heurts vendredi entre la police marocaine et les jeunes.

Dimanche, la police et l’armée patrouillaient les rues de Ceuta, où le calme était revenu. Seule une poignée de migrants étaient toujours là. Devant des habitations en construction près du port de Ceuta, des militaires espagnols ont arrêté un groupe de migrants, assis par terre, l’air fatigué et surveillé par des soldats, appuyés par un véhicule blindé.

Des canots pneumatiques d’une équipe de secours de mer sillonnaient les vagues à proximité de la frontière matérialisée dans l’eau par 500 mètres de ligne de flottaison neuve.

L’Espagne met en cause « les mafias de trafiquants d’êtres humains »

Des membres de la Garde civile espagnole faisaient descendre des migrants d’un bus pour les escorter vers le poste-frontière pour retourner au Maroc. Un renvoi dans le calme, pendant que des employés nettoyaient les déchets et vêtements perdus durant le chaos de jeudi et vendredi.

Dans une zone industrielle désaffectée de Ceuta, l’AFP a rencontré samedi des centaines de mineurs isolés dormant en plein air et espérant encore pouvoir rejoindre l’Europe continentale.

« Tous les mineurs ici sont (venus pour) aller en Espagne« , confiant Aziz Dabch, l’un des rares adultes présents au sein de la foule massée à l’ombre des entrepôts, à l’AFP.

Certains de ceux qui ont franchi la frontière de l’enclave ont déclaré qu’ils avaient entendu dire qu’elle était ouverte, une rumeur rapidement amplifiée sur les réseaux sociaux. L’Espagne a mis en cause « les mafias de trafiquants d’êtres humains ».

Dimanche, le pape Léon XIV a évoqué la situation à Ceuta lors de ses prières quotidiennes, déclarant qu’il la suivait « avec inquiétude » et qu’il espérait une solution synonyme de « paix, stabilité et justice ».

 

Avec AFP

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