Un nouveau corps a été retrouvé mardi après le drame ferroviaire survenu dimanche à Adamuz (Andalousie), portant le bilan à au moins 42 morts. L’enquête se concentre sur une fissure de plus de 30 cm sur la voie, dont l’origine reste inconnue. Et un nouvel accident mortel s’est produit mardi en Catalogne où un train de banlieue a heurté les débris d’un mur de soutènement.
Le bilan s’alourdit. Un nouveau corps a été découvert, mardi 20 janvier, dans les décombres de la catastrophe ferroviaire survenue à Adamuz, dans le sud de l’Espagne, après la collision de deux trains, portant le bilan à au moins 42 morts. Un drame qui suscite beaucoup de questions.
Le nombre de morts dans cet accident n’est toujours pas définitif près de 48 heures après la collision, et les engins s’affairent sur place pour dégager des décombres les dépouilles qui pourraient encore s’y trouver.
« Une nouvelle victime a été retrouvée dans l’un des wagons Alvia (le train de la Renfe, NDLR) cet après-midi, portant le nombre de morts à 42 », ont indiqué dans un communiqué les autorités régionales andalouses.
Selon les médias espagnols, l’enquête est centrée sur l’existence d’une fissure de plus de 30 cm de long sur la voie à l’endroit de l’accident.
Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif) a par ailleurs annoncé réduire « temporairement » la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone.
« Des conducteurs ont signalé des nids-de-poule et, par sécurité, nous avons mis en place cette limitation. Cette nuit, la maintenance vérifiera la situation et, si tout est en ordre, cette limitation sera levée », a indiqué l’opérateur à l’Agence France-Presse (AFP).
Un deuxième accident mortel en moins de 48 heures
Un train de banlieue a par ailleurs heurté, mardi 20 janvier, un mur de soutènement effondré sur les voies dans la province de Barcelone, faisant un mort et cinq blessés graves. « Un mur de soutènement est tombé sur la voie, provoquant un accident avec un train transportant des passagers » dans la commune de Gelida, avait indiqué plus tôt la Protection civile sur son compte X.
Claudi Gallardo, un inspecteur auprès de la brigade des sapeurs-pompiers de Catalogne, a déclaré lors d’une conférence de presse organisée sur les lieux de l’accident que 37 personnes avaient été blessées, dont quatre grièvement, et que le conducteur du train était mort. Il a indiqué que tous les passagers avaient été évacués.
L’effondrement du mur de soutènement a été provoqué par de fortes pluies.
Le trafic a par ailleurs été interrompu mardi soir au sud de Gérone, qui fait également partie du réseau de trains de banlieue de Barcelone, en raison « de l’essieu d’un train qui a déraillé », a fait savoir sur le groupe public Adif.
Neuf personnes toujours en soins intensifs
Au premier des trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia sont venus témoigner leur « affection » aux proches des victimes et aux rescapés.
Après être restés une heure sur les lieux de l’accident, les souverains se sont rendus à l’hôpital Reina Sofia de Cordoue, à 35 km de là, où sont soignés certains des blessés.

Quelque 37 personnes, dont 4 enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles 9 adultes sont toujours en soins intensifs.
Dimanche à 19 h 45 (18 h 45 GMT), les trois dernières voitures d’un train allant vers Madrid (nord) de l’opérateur privé Iryo – une compagnie privée, filiale à 51 % du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) – avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté.
Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures, dans un choc effroyable.
Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/h au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.
Trois trains passés sans incident « 20 minutes avant »
Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident « extrêmement étrange », selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.
La collision est en effet survenue, sur une portion de voie rénovée, en ligne droite, alors même que trois trains étaient passés au même endroit « 20 minutes avant » sans que « personne ne signale la moindre anomalie sur la voie », a affirmé Oscar Puente mardi matin.
L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, clairement visible sur certaines photos, est « la cause ou la conséquence » du déraillement à l’origine de la collision.
C’est la seule piste des enquêteurs à ce stade, car la vitesse des trains n’est pas en question et « l’erreur humaine est pratiquement écartée », avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Alvaro Fernandez Heredia.
Il en avait déduit que la faute était peut-être due « au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure ».
Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans « deux ou trois mois », avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.
Avec AFP
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