{…Ce n’est pas une vague, c’est le dépotoir de Dar-es-Salam.
En tant que expert riverain, quand j’ai appris qu’il serait déplacé, j’ai ri.
Ce que vous voyez a la télé, est loin de la réalité. Je vous en prie, rendez-vous sur les lieux, vous saurez qu’après le mont Kakoulima, c’est ce dépotoir. Je dirais, le déplacer, c’est un projet digne de Simandou. Nous, on est nés dans ce quartier. Me convaincre qu’il sera déplacé, c’est comme me convaincre que Soundjata Keïta a déplacé un baobab.
Au-delà de son altitude, vous voyez cette fumée ? Elle brûle depuis 1996. D’autres vous diront 1992. Avec 90 mois de pluie (3.700 mm de pluie par an), elle ne s’est jamais éteinte. Maintenir cette fumée, c’est comme maintenir un volcan. Et s’ils touchent à ça, wallahi tout Conakry sentira la même souffrance que Dar-es-Salam, croyez-moi. Par ce que cette fumée que vous voyez est sans dérangement qu’elle va jusqu’à Matoto. Alors imaginez son dérangement.
Mais aussi imaginez le calvaire des riverains. Je me rappelle, il n’y a pas si longtemps, un ami de mon père, résident près du dépotoir, est décédé à cause de la fumée. Paix à son âme. Vous savez ce que l’hôpital a diagnostiqué ? La cigarette. Alors que ce vieux n’avait jamais touché à une cigarette.
Dire de le déplacer, je mets ma main sur mon visage. Parce qu’on ne déplace pas un mont, on l’exploite.
Moi en tant que riveraines, le conseil que j’ai a passer au ministre qui a notre destin, c’est de construire une usine d’engrais pour l’exploiter au service de l’agriculture et employez les riverains. Mais le déplacer ? Je veux voir ce jour…}.
Par Ibrahim Diaby
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