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Guinée/Insalubrité : Conakry étouffe, Conakry déborde, mais Conakry peut guérir (Par Mohamed Diallo)

Regardons la réalité en face, sans fard : la gestion des ordures ménagères dans notre chère capitale est devenue un défi herculéen. Des trottoirs de Kaloum aux ruelles de Ratoma, en passant par les grands axes de Dixinn, Matam, Matoto,… les montagnes de plastique et les odeurs âcres font désormais partie du décor urbain.
Pourtant, cette crise des déchets n’est pas une fatalité. Et si, au lieu de fermer les yeux, nous changions de regard ? Si nos poubelles devenaient le point de départ d’une révolution verte et économique ?
Voici une immersion, sans tabou, dans ce que pourrait (et devrait) être la gestion des déchets à Conakry.
Le constat : Une bombe à retardement sanitaire et environnementale
Chaque jour, Conakry produit des milliers de tonnes de déchets. Entre le manque d’infrastructures de collecte, les décharges sauvages qui s’improvisent à chaque coin de rue et le calvaire de la décharge de la Minière (qui a depuis longtemps atteint ses limites), la situation est critique.
Pendant la saison des pluies, le scénario vire au cauchemar : les caniveaux bouchés par les plastiques provoquent des inondations catastrophiques (les récents événements de Matoto sont illustratifs) et favorisent la prolifération de maladies. Brûler ses déchets ou les jeter dans la rue n’est plus une option tenable. C’est un poison lent que nous nous administrons à nous-mêmes.
La Suggestion : Et si le « sale » devenait de l’or ?
Pour s’en sortir, il faut arrêter de voir le déchet comme un problème, mais plutôt comme une ressource inexploitée. Une gestion moderne et suggestive de nos ordures reposerait sur trois piliers majeurs :
1. Le tri à la source : Un réflexe citoyen à séduire
Tout commence à la maison. Les autorités locales doivent inciter (voire récompenser) le tri ménager.
D’un côté, le plastique et le métal : Prêts pour le recyclage.
De l’autre, les déchets organiques : Qui représentent plus de la moitié de nos poubelles.
2. L’or vert : Le compostage à grande échelle.
La Guinée est un pays agricole. Transformer nos restes de nourriture et nos déchets végétaux en compost organique de haute qualité permettrait d’approvisionner les maraîchers de la banlieue de Conakry et de l’intérieur du pays. C’est de la nourriture pour la terre, créée à partir de nos propres restes.
3. La valorisation plastique : Créer de l’emploi pour la jeunesse.
Les sachets d’eau et les bouteilles polluent nos plages et l’océan. Des micro-usines de broyage et de recyclage à Conakry pourraient transformer ces plastiques en pavés pour nos routes, en bassines, ou en mobilier urbain.
À la clé ? Des milliers d’emplois verts pour une jeunesse qui ne demande qu’à travailler.
Les solutions pour passer de la théorie à l’action.
Acteurs et actions concrètes attendues:
° Les autorités locales: Moderniser la collecte, installer des bacs de tri sectoriels et sanctionner sévèrement le dépôt sauvage.
° Les PME de collecte (PME locales): Professionnaliser le secteur, doter les agents de matériel adéquat et digitaliser les abonnements des ménages.
° Les Citoyens (Vous & Moi): S’abonner obligatoirement à une PME de collecte, cesser de jeter dans les caniveaux et adopter le réflexe du tri.
Le saviez-vous ? Nettoyer Conakry ne demande pas seulement des milliards de francs guinéens, cela demande surtout un changement radical de mentalité. La propreté est un contrat social.Conclusion : Pour une Conakry “Saine”.
La gestion des ordures à Conakry ne doit plus être une corvée subie, mais un projet de société séduisant et porteur de croissance. Imaginez une capitale africaine où les rues respirent, où les caniveaux coulent à flot clair, et où les déchets créent de la richesse.
Ce rêve est à portée de main. Il demande une volonté politique de fer, mais surtout, notre engagement, dès aujourd’hui, au pas de notre porte. Car une ville propre, c’est d’abord un citoyen qui respecte sa terre.
Partagez-vous ce constat sur notre capitale, ou pensez-vous qu’il y a des initiatives locales et des quartiers modèles à Conakry dont on devrait s’inspirer d’urgence ?

Par Mohamed Diallo

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