La désignation de Mme Kanké Yakha Camara comme tête de liste et future maire potentielle de la commune de Sanoyah par la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) passe mal. Quelques heures après l’annonce officielle faite par Guillaume Hawing, ce mercredi 24 juin 2026, la contestation grandit sur le terrain, mêlant arguments juridiques et accusations de népotisme.
La colère gronde au sein du directoire communal de campagne de Sanoyah. En annonçant ce matin, depuis le siège national de la GMD, le choix de Mme Kanké Yakha Camara, le directeur régional de campagne, Guillaume Hawing, semble avoir court-circuité les instances locales. Plusieurs militants et responsables à la base dénoncent un manque flagrant de consultation préalable.
Cette méthode, qualifiée de « parachutage » par certains contestataires, met en lumière les frictions internes entre la direction nationale du parti et ses représentants locaux, qui estiment que leur voix a été purement et simplement ignorée.
Au-delà de la forme, c’est le fond qui cristallise le mécontentement, particulièrement chez les groupements de femmes de Sanoyah. Réunies en urgence, plusieurs manifestantes ont publiquement remis en cause les compétences de la candidate désignée. Selon elles, Mme Kanké Yakha Camara ne remplirait pas les critères d’alphabétisation indispensables à la gestion d’une municipalité.« Ce choix est inacceptable. Les dispositions légales exigent que les responsables communaux soient capables de lire, d’écrire et de s’exprimer en français », ont rappelé les porte-paroles de la contestation.
À cette fronde sur les compétences s’ajoute une lourde suspicion d’ingérence politique. Des rumeurs persistantes au sein du quartier général de campagne affirment que le nom de Mme Camara aurait été imposé sur la liste sous la pression directe de l’entourage familial du chef de l’État, notamment de sa mère. Une accusation de favoritisme qui, si elle se confirmait, pourrait sérieusement entacher la crédibilité du scrutin à venir.
Pour ces femmes en colère, elles comptent sur la loi comme ultime recours.
Face à ce qu’ils qualifient de dérive, les opposants à cette nomination comptent s’appuyer sur les textes de loi régissant les collectivités locales. Ils rappellent avec insistance que le maire exécutif doit être élu par les conseillers communaux installés, et non désigné arbitrairement en amont par un directoire de campagne.
La GMD se retrouve désormais face à un dilemme majeur à Sanoyah : maintenir sa candidate au risque de fracturer définitivement sa base électorale et de s’exposer à des recours juridiques, ou faire marche arrière pour calmer la transition démocratique locale. L’évolution de la situation dans les prochains jours sera cruciale pour l’avenir politique de cette commune.
Karifa Zoumanigui pour GuineeQuotidien
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