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Éthiopie : plus de 160 personnes tuées dans des manifestations et des heurts communautaires

Au moins 166 personnes ont perdu la vie au cours des manifestations et des heurts communautaires qui ont secoué l’Éthiopie depuis le meurtre lundi d’un chanteur vedette, a annoncé samedi la police.

« Après la mort d’Hachalu, 145 civils et 11 membres des forces de sécurité ont perdu la vie dans des troubles dans la région », a affirmé le chef-adjoint de la police de l’État d’Oromia, Girma Gelam, dans un communiqué diffusé sur la télévision d’État Fana Broadcasting Corporate. Dix autres personnes, dont deux policiers, ont été tuées à Addis Abeba, selon la police de la capitale.

Girma Gelam a aussi fait état de 167 personnes « sérieusement blessées » et d’un millier d’arrestations. Il a assuré que les violences avaient « complètement cessé ». Parmi les 166 morts, certains ont été tués par les forces de sécurité et d’autres dans des affrontements entre membres de diverses communautés.

Ces violences mettent en lumière les tensions ethniques grandissantes en Éthiopie et soulignent la fragilité de la transition démocratique mise en oeuvre par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019. Depuis son accession au pouvoir, il s’est efforcé de réformer un système jusque-là très autoritaire. Mais ce faisant, il a ouvert la porte aux violences intercommunautaires qui mettent à l’épreuve le système éthiopien de fédéralisme ethnique.

Porte-voix des Oromo

Le chanteur Hachalu Hundessa a été assassiné lundi soir à Addis Abeba. Bien qu’apprécié d’Éthiopiens d’origines diverses, il a surtout été le porte-voix des Oromo, qui avaient dénoncé leur marginalisation économique et politique lors des manifestations antigouvernementales ayant débouché en 2018 sur l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, un membre de cette communauté.

Ses textes très politiques exprimaient les frustrations de ce groupe ethnique, le plus important par le nombre, mais qui s’est longtemps estimé marginalisé économiquement et politiquement.

Aujourd’hui, de nombreux nationalistes Oromo se sentent trahis par le Premier ministre, qu’ils accusent de ne pas faire suffisamment pour défendre les intérêts de sa communauté, et d’avoir laissé les forces de sécurité ouvrir le feu sur les manifestants, à Addis Abeba et en région Oromia, le plus large des États fédérés éthiopiens, qui enserre la capitale.

Arrestation de Jawar Mohammed

Car Addis Abeba est bien au coeur de la crise actuelle : située en territoire oromo, elle dispose d’un statut spécial, et les Oromo estiment en avoir été déplacés au fil de l’Histoire. C’est d’ailleurs un plan du gouvernement fédéral prévoyant l’extension de la capitale vers l’Oromia qui avait déclenché en 2015 les manifestations antigouvernementales.

 

JA

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