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Un journaliste camerounais condamné à 23 mois de prison après 2 ans en détention

Il était accusé de diffamation par Calixthe Beyala, une écrivaine française d’origine camerounaise. Paul Tchouta aura déjà passé plus de 24 mois de détention préventive.

Après 27 renvois, le verdict est finalement tombé ce mardi: le lanceur d’alerte et blogueur camerounais Paul Tchouta, arrêté en mai 2019, écope de 23 mois de prison, 2 millions de francs CFA de dommages et intérêts et 160.000 FCFA d’amendes.

 »On va tout simplement appliquer le principe de la non rétroactivité de la loi. Cette dernière n’a d’effets que pour l’avenir », a déclaré Me. Emmanuel Simh, son avocat. Concrètement, il devrait être relâché pour avoir passé plus de temps derrière les barreaux que la durée imposée par sa sentence.

L’opinion publique divisée

Cette décision était très attendue par les associations de défense de droits humains, l’opinion publique, les acteurs de la société civile et la presse bien que divisés sur le sujet.

Dénonçant une « condamnation inique » et un « verdict de la honte », l’ONG Mandela Center International recommande à l’avocat de Paul Tchouta de faire appel. « Mandela Center International exprime son indignation totale », lit-on dans un communiqué.

Contacté par VOA Afrique, Calixthe Beyala reste droite dans ses bottes : « Le verdict est le même que celui de Baongla, fils du chef de l’Etat Paul Biya ; les deux hommes ont commis les mêmes actes et ont eu la même peine », assène-t-elle.

« Paul Tchouta sera libre le 19 mai, à l’heure où je fais ce post, je suis devant devant le tribunal et ses 160.000 Fcfa d’amende ont déjà été payés », jubile sur le réseau social Facebook Serge Aimé Bikoi, rédacteur en chef du journal en ligne Panorama Papers, et proche de Paul Tchouta.

Le dernier rapport de Reporters Sans Frontières avait vivement critiqué l’état de la liberté d’expression au Cameroun. Le pays était classé parmi les mauvais élèves.

A l’origine, Paul Chouta était accusé d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo de Mme Beyala en train de s’en prendre verbalement à un homme à Douala.

« L’on est plus proche d’une affaire kafkaïenne que d’une procédure judiciaire dans un Etat de droit », avait déclaré l’an dernier Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de Nouveaux droits de l’homme.

 

Avec VOA

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