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Frappes en Syrie: la Turquie cible les Forces démocratiques syriennes et le PKK

Le 20 novembre, la Turquie a mené des dizaines de frappes aériennes dans le nord de l’Irak et la Syrie. Une opération baptisée « Griffe épée » qui visait des régions sous contrôle des Forces kurdes syriennes et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sont accusés par Ankara d’être responsables de l’attentat qui a fait six morts et plus de 80 blessés à Istanbul. Les deux groupes nient toute implication.

Yohanan Benhaïm, responsable des études contemporaines à l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA) à Istanbul, rappelle le double contexte difficile dans lequel se trouve la coalition au pouvoir en Turquie, formée du parti du président Erdogan (AKP), et du parti d’extrême droite nationaliste (MHP)

: « Premièrement, on a une grave crise économique qui touche le pays depuis maintenant plusieurs années, et qui s’aggrave. Le sentiment de xénophobie qui augmente touche en particulier les populations arabes. Et parmi ces populations, il y a les quatre millions de Syriens en Turquie qui sont vus comme les bénéficiaires d’une aide injustifiée dans un contexte de crise économique. Et on a malheureusement une expansion de ce sentiment xénophobe, alimenté par certains partis d’opposition, mais aussi par certains membres de la coalition au pouvoir. »

: « Premièrement, on a une grave crise économique qui touche le pays depuis maintenant plusieurs années, et qui s’aggrave. Le sentiment de xénophobie qui augmente touche en particulier les populations arabes. Et parmi ces populations, il y a les quatre millions de Syriens en Turquie qui sont vus comme les bénéficiaires d’une aide injustifiée dans un contexte de crise économique. Et on a malheureusement une expansion de ce sentiment xénophobe, alimenté par certains partis d’opposition, mais aussi par certains membres de la coalition au pouvoir. »

Dans ce contexte, « une nouvelle opération en Syrie a un double objectif, indique le co-fondateur du centre de recherche Noria. Non seulement mettre la pression sur les Forces démocratiques syriennes, mais aussi consolider le territoire occupé, administré par les forces alliées de la Turquie, en vue de favoriser le maintien de population syrienne sur le sol syrien. C’est dans cet objectif que cette opération avait été formulée. La coalition aujourd’hui au pouvoir est dans une situation difficile sur le plan électoral, puisqu’on attend des élections pour le printemps 

prochain. Or, l’AKP risque de subir un nouveau revers qui pourrait être décisif celui-là lors des élections générales de juin prochain ».

 

« La Turquie mène une politique d’embargo des FDS »

En Syrie, les frappes ont notamment visé des silos à grains et une centrale électrique, tout près de la frontière. Yohanan Benhaïm explique pourquoi la Turquie a visé ces infrastructures : « Depuis 2016 et le développement des opérations militaires turques dans le nord de la Syrie finalement, la Turquie mène une politique d’embargo des Forces kurdes syriennes. D’abord, les opérations militaires ont eu pour objectif de diviser ces différents territoires pour éviter une minification tout le long de la frontière des forces syriennes kurdes. Et depuis, on a aussi une volonté d’embargo qui passe par la remise en question des capacités d’administration et de gestion de gouvernance économique de ces régions. »

 

Avec AFP

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