Accueil / International / Transition urbaine en Afrique : le défi des matériaux biosourcés
ARCHIVE - L'Afrique subsaharienne fait face à un déficit estimé à 50 millions de logements, un chiffre qui pourrait atteindre 130 millions d'ici 2030. Photo: Bernd von Jutrczenka/dpa

Transition urbaine en Afrique : le défi des matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés sont issus de la biomasse végétale ou animale. En Afrique, ils comprennent notamment la terre crue (adobe), le bambou ou le typha, une plante utilisée comme isolant.

Le secteur du bâtiment, responsable d’environ un tiers des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2), doit accélérer sa transition pour accompagner l’urbanisation en Afrique subsaharienne, estiment des chercheurs de l’Institut allemand de développement et de durabilité (IDOS). Selon Babette Never et Alexander Stoecker, le recours au ciment bas carbone, tel que le LC3 (Limestone Calcined Clay Cement), ou ciment à base de calcaire et d’argile calcinée, ne suffira pas à répondre aux besoins massifs du continent. Ce matériau, qui réduit les émissions par rapport au ciment traditionnel, reste principalement adapté aux constructions urbaines de grande hauteur et ne répond que partiellement aux réalités des pays en développement, soulignent-ils dans une tribune.

Pression démographique et déficit de logements

L’Afrique subsaharienne fait face à un déficit estimé à 50 millions de logements, un chiffre qui pourrait atteindre 130 millions d’ici 2030. Parallèlement, la pression sur l’emploi demeure forte, avec, par exemple, environ un million de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail au Kenya. Dans ce contexte, les matériaux biosourcés — bois, bambou, terre crue ou typha — apparaissent comme une alternative, selon les chercheurs. Ils permettraient de créer davantage d’emplois locaux et de soutenir les petites et moyennes entreprises du secteur. Au Rwanda, l’utilisation de blocs de terre pourrait réduire jusqu’à 60 pour cent le coût des murs, indiquent-ils.

Vers une approche hybride

Malgré leur potentiel, ces solutions restent marginales, freinées par des obstacles financiers, techniques et réglementaires. Les auteurs plaident pour une approche hybride, combinant l’usage du ciment bas carbone pour les structures à plusieurs étages et les matériaux biosourcés pour les constructions de plain-pied et les aménagements intérieurs.

La coopération allemande au développement devrait, selon eux, porter plus vigoureusement sur la scène internationale les co-bénéfices économiques et le potentiel de développement pour les entreprises locales travaillant avec le biosourcé. Ils appellent également les bailleurs internationaux à intégrer la création d’emplois verts dans leurs programmes et à soutenir des politiques publiques favorisant les matériaux locaux, afin d’éviter un verrouillage carbone du parc immobilier africain.

Selon les experts, la majorité des infrastructures qui existeront en 2050 en Afrique subsaharienne restent à construire, ce qui fait de ces choix de matériaux un enjeu central pour limiter les émissions et les effets d’îlot de chaleur urbain.

Avec dpa-news

 

A propos admin-guiquo

Check Also

Sénégal : le Premier ministre Ousmane Sonko remercié par le président

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est séparé vendredi soir de son Premier ministre et …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *