Le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a menacé, lundi, le président Tamas Sulyok de destitution si ce dernier refusait de démissionner. Après son élection, le nouveau chef du gouvernement avait promis d’évincer des personnalités nommées par l’ancien dirigeant Viktor Orban.
Son objectif : le « retrait de toutes les marionnettes ». Le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a menacé, lundi 1er juin, le président Tamas Sulyok d’une procédure de destitution s’il refusait de démissionner.
Le parti Tisza de Péter Magyar, 45 ans, a remporté une victoire écrasante le mois dernier, mettant fin à 16 années de règne du Fidesz de Viktor Orban. Il avait aussitôt promis de destituer des personnalités nommées par l’ancien dirigeant hongrois à des postes clés de l’État.
Le nouveau Premier ministre hongrois accuse Tamas Sulyok, élu en mars 2024 par les députés du Fidesz, de servir les intérêts de Viktor Orban et de ne pas avoir réussi à représenter l’union nationale sur divers sujets majeurs. Mais jusqu’ici, Tamas Sulyok a refusé jusqu’ici de démissionner de son propre gré.
« J’ai dit au président que, s’il maintenait sa position et ne démissionnait pas, j’informerais (…) les députés de Tisza de notre démarche législative et nous commencerions immédiatement les procédures nécessaires », a déclaré Péter Magyar, à l’issue de son entretien avec le président.
La procédure, qui vise à évincer les personnalités qui ont participé à « démanteler l’État de droit et la démocratie », pourrait durer un mois, selon le Premier ministre hongrois.
Réforme de la Constitution
Fort de sa majorité parlementaire, le chef du gouvernement entend réformer la Constitution afin d’évincer les figures de l’ancien régime. Il n’a pas précisé selon quelles modalités.
En réaction, le Fidesz de Viktor Orban accuse le nouveau dirigeant d’avoir lancé un « ultimatum illégal », arguant que Tamas Sulyok bénéficie d’un mandat de droit courant jusqu’en 2029, et qu’il ne peut être destitué.
Tamas Sulyok, ancien avocat âgé de 70 ans, avait précédemment présidé la Cour constitutionnelle, là encore grâce aux votes du Fidesz en novembre 2016.
Le poste de président en Hongrie est essentiellement protocolaire, mais le titulaire peut renvoyer des lois au Parlement pour réexamen ou saisir la Cour constitutionnelle, ce qui pourrait potentiellement entraver les réformes engagées par Tisza.
Le président hongrois a réitéré lundi sur Facebook son refus de démissionner.
« La crise constitutionnelle qui suivra (l’initiative de Magyar) va accentuer les divisions de la société et nuire à la réputation internationale de la démocratie hongroise », a-t-il réagi.
Avec Reuters
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