Publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases, ces travaux ont porté sur 610 enfants gambiens âgés de deux à neuf ans, vaccinés une première fois entre neuf et douze mois dans le cadre des programmes de vaccination de routine.
Les chercheurs ont évalué les niveaux d’anticorps avant puis après l’administration d’une dose de rappel. Ils observent une baisse progressive de la proportion d’enfants présentant des titres jugés protecteurs avec l’âge et le temps écoulé depuis la primo-vaccination.
Avant le rappel, 82 pour cent des enfants âgés de deux à trois ans conservaient une protection immunitaire jugée suffisante, contre 65 pour cent chez ceux âgés de six à neuf ans. Un mois après la revaccination, la quasi-totalité des participants présentaient des niveaux d’anticorps protecteurs, sans signal de tolérance défavorable rapporté.
« La protection contre la fièvre jaune ne peut plus être considérée comme optimale chez plus d’un tiers des enfants neuf ans après la primo-vaccination », estiment les auteurs, qui jugent qu’une réintroduction d’un rappel vaccinal dans les recommandations internationales « devrait être envisagée » pour les populations vivant en zones d’endémie.
Une maladie virale transmise par les moustiques
La fièvre jaune est une maladie virale transmise par les moustiques, endémique dans certaines régions d’Afrique et d’Amérique du Sud, et pouvant provoquer des atteintes hépatiques sévères parfois mortelles.
Jusqu’en 2013, l’OMS recommandait une dose de rappel dix ans après la vaccination initiale. L’organisation avait ensuite estimé qu’une seule injection suffisait à assurer une protection à long terme chez la majorité des personnes vaccinées, une position depuis largement adoptée par les pays concernés. Les auteurs soulignent toutefois que leurs résultats concernent spécifiquement des enfants vivant en zones de transmission endémique et appellent à une réévaluation ciblée des politiques vaccinales.
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