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L’ancien Premier ministre algérien Abdelmadjid Tebboune élu président de la République

Cet homme de 74 ans succède à Abdelaziz Bouteflika, qui a dû démissionner en avril après deux décennies passé au pouvoir.

M. Tebboune a obtenu 58% des voix lors de l’élection de jeudi, selon le chef de la commission électorale.

Lui et les quatre autres candidats ont été critiqués pour avoir étroitement participé à la gestion du pays sous Abdelaziz Bouteflika.

Le président Bouteflika a démissionné à la suite de manifestations dans tout le pays.

Les rassemblements antigouvernementaux se sont toutefois poursuivis ; les manifestants réclamant le départ pur et simple de l’ensemble de l’establishment politique pro-Bouteflika.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Alger, jeudi, pour protester contre l’élection.

M. Tebboune est passé d’une longue carrière de fonctionnaire à celle de Premier ministre en 2017, mais il n’est resté en poste que sept mois après s’être disputé avec des hommes d’affaires influents.

Il a également été ministre du Logement et ministre de l’Information.

Lors de sa campagne, il a promis de retrouver l’argent des contribuables algériens « volé et caché à l’étranger ».

M. Tebboune a été surnommé « l’élu » par les utilisateurs des médias sociaux qui le considèrent comme proche du chef de l’armée, le général Ahmed Gaid Salah.

Les responsables électoraux affirment qu’environ neuf millions de personnes ont voté jeudi – un taux de participation d’environ 40 %.

« Le taux de participation est satisfaisant et le nouveau président bénéficiera d’un soutien suffisant pour mettre en œuvre ses réformes », a déclaré Ahmed Mizab, commentateur à la télévision publique.

Depuis près d’un an, des milliers d’Algériens protestent chaque vendredi dans la capitale et dans d’autres villes contre toute élection sous le gouvernement actuel.

Ils veulent que tous les responsables associés au régime du président Bouteflika destitué, y compris le président par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Nouredine Bedoui, soient démis de leurs fonctions.

« Pas d’élection avec les gangs », « ils doivent tous être éliminés », les manifestants ont chanté semaine après semaine, faisant référence aux politiciens et aux hommes d’affaires du cercle restreint du président destitué qu’ils considèrent comme corrompu.

On dit qu’il faut apporter de nouveaux visages pour organiser de « vraies élections » dans un pays où le vainqueur des élections présidentielles a toujours été facile à deviner.

Jeudi, les manifestants ont brièvement envahi un bureau de vote à Alger. Une tentative de la police pour disperser la foule a échoué.

Deux autres centres de vote ont été pris d’assaut dans la région de la Kabylie, à l’est de la capitale.

C’est le chef de l’armée, le général Salah, qui a déclenché le processus de destitution du président Bouteflika, son ancien allié.

Cette initiative avait pour but d’apaiser les protestations contre M. Bouteflika, qui cherchait à obtenir un cinquième mandat.

Depuis la destitution de M. Bouteflika en avril dernier, des hommes d’affaires fortunés et des personnalités de premier plan, proches de l’ancien président et de son entourage, ont été arrêtés en masse.

Il s’agit notamment de son frère Saïd Bouteflika, de Mohamed Mediene Toufik et Athmane Bachir Tartag, anciens chefs du renseignement, ainsi que de Louisa Hanoun, chef du parti de gauche.

Deux anciens premiers ministres ont également été condamnés pour corruption et blanchiment d’argent : Ahmed Ouyahia a été condamné à 15 ans de prison et Abdelmalek Sellal à 12 ans.

Sur les mêmes chefs d’accusation, les anciens ministres Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda ont été condamnés chacun à dix ans de prison, tandis que les hommes d’affaires Ali Haddad, Ahmed Mazouz, Hassan Arbaoui et Mohamed Bairi ont été condamnés chacun à sept ans de prison.

Un mandat d’arrêt international a été lancé contre un autre ministre, Abdesalem Bouchoureb, qui aurait fui le pays. Il a été condamné par contumace à 20 ans de prison.

Il est probable que ces hommes feront appel de leur sentence.

Alors que les manifestants antigouvernementaux ont célébré la poursuite de ces figures – qu’ils surnomment « le gang » -, ils restent déterminés à continuer jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

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