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Processus du changement de nom du CFA à l’ECO : Les précisions d’un économiste

Les Etats membres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest, (UEMOA) se sont engagés pour l’adoption d’une monnaie unique à partir de 2020.

Quels sont les procédures à suivre, l’universitaire, Dr Facinet Conté revient les contours de cette adoption. « Il faut rappeler que l’union monétaire, c’est la dernière phase de l’intégration économique entre les pays. Les pays de la Communauté économique de l’Afrique de l’ouest, (CEDEAO) ont décidé de passer à une monnaie unique appelée ECO », dit-il. Il souligne qu’au sein de la CEDEOA qu’il y a deux types de pays.

« Il y a un premier groupe de pays qui se trouve dans une zone qu’on appelle l’UEMOA, les pays de la zone CFA. Et d’autres pays qui ont leur monnaie qui ont tenté à un moment donné de se retrouver dans une autre structure appelé Zone monétaire de l’Afrique de l’ouest, (ZMAO) ».

Dr Conté d’indiquer que ces Etats de ZMAO avaient également décidé d’avoir leur propre monnaie. « Vous savez, il y a une règle qui dit en économie : pour qu’on puisse se mettre ensemble, il faut qu’on se ressemble. On ne peut se ressembler qu’à travers des critères dit de convergence. Ce sont ces critères que la surveillance multilatérale a essayé de suivre pendant toutes ces années. Mais malheureusement les pays n’arrivaient pas du tout à respecter ces critères de convergence, ce qui a fait que nous n’avons pas pu aboutir à la création d’une monnaie. Toute fois les pays de la zone CFA de la CEDEOA ont décidé de mettre en place une monnaie unique. Vous savez l’autre zone, c’est-à-dire l’UEMOA a une relation historique avec la France et cette relation historique est un peu le point d’achoppement aujourd’hui. C’est ce qui fait que les pays de l’UEMOA ont d’abord discuté avec leur partenaire historique, (France), pour passer maintenant à la création de l’ECO. Mais jusque-là, il y a toujours de problèmes. Parce que la France ne se retire pas complètement, elle devient garant de cette monnaie. Donc le problème on se demande si les pays anglophones : le Nigéria, le Ghana qui sont de grand pays avec des économies un peu plus au-dessus de ceux des pays de l’UEMOA vont accepter d’intégrer une monnaie en ayant comme garant la France ».

 

Parlant d’intégration, il a souligné qu’aujourd’hui que le Nigéria reste  la première puissance de l’Afrique. « Le Nigéria ne viendra pas à table simplement. Il viendra avec ses exigences. Vous prenez un autre pays comme le Ghana, c’est un pays aujourd’hui qui se passe aujourd’hui de l’appui du Fonds monétaires international, (FMI). C’est un pays qui est en bonne santé, qui parvienne avec un taux de croissance très élevé ». Pour lui, ces pays viendront avec ses exigences : « parce que la France ne s’est pas totalement retirée. Elle est là. C’est pourquoi beaucoup sont en train de dire que le CFA n’a fait que changer de nom ».

Concernant la Guinée, l’économiste a rappelé que le pays de Sékou Touré est le seul Etat francophone de ZMAO. « Je pense qu’on ne va pas aller à l’encontre de ce que les pays anglophones sont en train de dire. Parce que les pays anglophones se disent qu’on ait notre monnaie à nous, qu’on pourra gérer avec tous les mécanismes qui vont avec. J’estime que la Guinée ne va pas déroger à la règle, puisse qu’elle est avec son franc guinéen. Elle ne va pas intégrer une zone monétaire qui va être ‘’sous-tutelle’’. La Guinée doit être prête pour aller vers une intégration monétaire. Mais je ne pense pas que ça soit une intégration monétaire où on aura une puissance coloniale qui va être là ».

 

Kataco Katom

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