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Une commission de l’ONU recommande des « réparations » aux descendants des victimes de la traite négrière

La commission des droits de l’homme des Nations unies recommande des compensations aux victimes de la traite négrière dans un rapport publié lundi qui insiste sur le démantèlement du racisme systémique à travers le monde.

Signé par l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, cheffe des droits de l’homme de l’ONU, le rapport examine en profondeur des siècles de mauvais traitements subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine. Le document préconise une approche « transformatrice » pour remédier aux séquelles de l’esclavage et du racisme qui perdurent aujourd’hui.

« Les réparations sont indispensables pour transformer les rapports de discrimination et d’inégalité et pour s’engager et investir mutuellement pour un avenir plus solide et résilient de dignité, d’égalité et de non-discrimination pour tous », peut-on lire dans le rapport.

Le document précise toutefois que « les réparations ne doivent pas être assimilées seulement à une indemnisation financière ». Une « approche pluridirectionelle » devrait plutôt être adoptée, souligne-t-il.

Inclusion et participation

Le rapport avertit qu’il ne revient pas aux seuls gouvernements de dicter quels types de réparations devraient être appliqués. Au contraire, souligne le rapport, « la conception et la mise en œuvre » de toute tentative de réparation devrait être faite en consultation avec les communautés des victimes et de leurs descendants.

Le rapport, dont la rédaction a duré un an, espère profiter de l’élan suscité par la récente intensification de l’examen, dans le monde entier, du fléau du racisme et de son impact sur les personnes d’ascendance africaine, comme en témoignent les meurtres très médiatisés de Noirs non armés aux États-Unis et ailleurs.

Au-delà des gouvernements, le rapport Bachelet invite aussi les entreprises et les institutions telles que les universités à examiner leurs propres liens avec l’esclavage et la colonisation afin d’évaluer les possibilités de réparation.

« Je demande à tous les États de cesser de nier le racisme et de commencer à le démanteler, de mettre fin à l’impunité et d’instaurer un climat de confiance, d’écouter les voix des personnes d’ascendance africaine, d’affronter les séquelles du passé et d’offrir des réparations », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué.

Le cas George Floyd en filigrane

Le Conseil des droits de l’homme, soutenu par l’ONU, a commandé ce rapport lors d’une session spéciale l’année dernière, à la suite du meurtre de George Floyd, un Noir américain tué par un policier blanc à Minneapolis en mai 2020. L’agent, Derek Chauvin, a été condamné à 22 ans et demi de prison la semaine dernière.

Le rapport de l’ONU se fonde sur des discussions avec plus de 340 personnes – pour la plupart d’origine africaine – et experts, sur plus de 100 contributions écrites, y compris de gouvernements, et sur l’examen de documents publics, a indiqué le bureau des droits de l’homme.

Il a analysé 190 décès, survenus pour la plupart aux États-Unis, afin de montrer que les agents des forces de l’ordre sont rarement tenus responsables des violations des droits et des crimes commis à l’encontre des personnes d’ascendance africaine, et il a relevé des schémas similaires de mauvais traitements par la police dans de nombreux pays.

Aucun pays exemplaire

Le rapport présente également des cas, des préoccupations et la situation dans une soixantaine de pays, dont la Belgique, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Canada, la Colombie et la France, entre autres.

« Nous n’avons pas pu trouver un seul exemple d’État qui a pleinement pris en compte le passé ou qui a tenu compte de l’impact de la vie des personnes d’origine africaine aujourd’hui », a déclaré Mona Rishmawi, qui dirige une unité sur la non-discrimination au bureau des droits de l’homme de l’ONU, lors d’une conférence de presse. « Notre message, par conséquent, est que cette situation est intenable », a-t-elle ajouté.

Le rapport de l’ONU décrie la « déshumanisation des personnes d’ascendance africaine » pour justifier l’esclavage, les stéréotypes raciaux et les pratiques néfastes ainsi que la tolérance de la discrimination, de l’inégalité et de la violence raciale.

 

Avec VOA

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