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ARCHIVE - La région pourrait occuper une place centrale dans l'architecture de résilience énergétique de l'Union européenne (UE). Photo: Lars Penning/dpa

Fermeture d’Ormuz : l’Afrique du Nord, un hub énergétique pour l’UE

L’Algérie fournit déjà 18 % du gaz acheminé par gazoduc vers l’UE, dont elle est devenue le deuxième fournisseur.

La fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, pourrait renforcer le poids stratégique de l’Afrique du Nord dans ses relations avec l’Europe, notamment dans le domaine énergétique, estime l’Institut allemand de développement et de durabilité (IDOS) dans une analyse.

Artère vitale par laquelle transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondiaux, le détroit reste l’épicentre d’une instabilité chronique qui met en évidence la vulnérabilité des approvisionnements énergétiques, des routes commerciales et des chaînes logistiques, relève l’étude.

Cette situation souligne également la valeur stratégique de la proximité géographique de l’Europe avec l’Afrique du Nord, en particulier avec l’Algérie et la Libye, deux pays riches en hydrocarbures. La région pourrait ainsi occuper une place centrale dans l’architecture de résilience énergétique de l’Union européenne (UE), selon l’IDOS.

L’Algérie, atout énergétique pour l’UE

Connectée à l’Italie via le gazoduc TransMed et à l’Espagne via Medgaz, l’Algérie fournit déjà 18 pour cent du gaz importé par l’UE et s’est imposée comme le deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Union, derrière la Norvège, ce qui rend d’autant plus nécessaire la modernisation de ses infrastructures énergétiques.

L’invasion russe de l’Ukraine en 2022 avait déjà accru l’importance du gaz algérien pour l’Europe et accéléré les efforts de diversification des approvisionnements, rappelle l’étude.

Des investissements européens dans la transition écologique, notamment dans la production d’hydrogène vert, ainsi que le transfert de technologies et l’adaptation au changement climatique pourraient à la fois contribuer à sécuriser les approvisionnements et favoriser la diversification industrielle et le développement socio-économique de l’Afrique du Nord, estime l’IDOS.

Le Maroc et l’Égypte renforcent leur rôle logistique

Le Maroc, qui dispose du port Tanger Med et développe des filières dans l’automobile, les batteries et l’hydrogène, pourrait consolider son rôle de plateforme commerciale entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, selon l’analyse.

L’Égypte cherche pour sa part à renforcer la zone économique du canal de Suez, malgré les risques persistants pour la navigation en mer Rouge.

L’Afrique du Nord pourrait ainsi devenir davantage un « hub géostratégique » reliant les trois espaces, avancent les chercheurs. Avant la fermeture d’Ormuz, la politique européenne envers la région était souvent qualifiée de transactionnelle, principalement axée sur la sécurité des frontières et le contrôle migratoire, rappelle l’étude.

Plutôt qu’une simple zone tampon, l’Afrique du Nord pourrait désormais s’imposer comme un partenaire multidimensionnel de premier plan. Cette évolution devrait renforcer « l’interdépendance géostratégique » entre les deux régions et offrir l’occasion de redéfinir leurs relations, selon l’IDOS.

Une opportunité historique de rééquilibrage

Pour l’institut, cette convergence d’intérêts constitue une opportunité historique de rééquilibrer le partenariat euro-méditerranéen sur des bases plus égalitaires et mutuellement bénéfiques, en transformant une vulnérabilité conjoncturelle en un lien structurel durable.

L’étude s’inscrit dans les travaux du projet « Megatrends Africa : Cooperation with Africa in Times of Global Disruption » (« Mégatendances Afrique : coopération avec l’Afrique à l’ère des bouleversements mondiaux »), financé par le gouvernement fédéral allemand.

Prévu pour la période 2026-2028, ce programme de recherche interdisciplinaire et de conseil politique est porté par trois groupes de réflexion allemands : l’IDOS, l’Institut allemand pour les affaires internationales et la sécurité (SWP) et l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale (IfW).

Il vise à éclairer les décideurs publics sur les grandes transformations à l’œuvre en Afrique et leurs implications pour la coopération avec le continent, dans un contexte marqué par les recompositions géopolitiques mondiales, le changement climatique, l’urbanisation rapide et la transition numérique.

 

Avec dpa-news

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