Pression démographique et déficit de logements
L’Afrique subsaharienne fait face à un déficit estimé à 50 millions de logements, un chiffre qui pourrait atteindre 130 millions d’ici 2030. Parallèlement, la pression sur l’emploi demeure forte, avec, par exemple, environ un million de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail au Kenya. Dans ce contexte, les matériaux biosourcés — bois, bambou, terre crue ou typha — apparaissent comme une alternative, selon les chercheurs. Ils permettraient de créer davantage d’emplois locaux et de soutenir les petites et moyennes entreprises du secteur. Au Rwanda, l’utilisation de blocs de terre pourrait réduire jusqu’à 60 pour cent le coût des murs, indiquent-ils.
Vers une approche hybride
Malgré leur potentiel, ces solutions restent marginales, freinées par des obstacles financiers, techniques et réglementaires. Les auteurs plaident pour une approche hybride, combinant l’usage du ciment bas carbone pour les structures à plusieurs étages et les matériaux biosourcés pour les constructions de plain-pied et les aménagements intérieurs.
La coopération allemande au développement devrait, selon eux, porter plus vigoureusement sur la scène internationale les co-bénéfices économiques et le potentiel de développement pour les entreprises locales travaillant avec le biosourcé. Ils appellent également les bailleurs internationaux à intégrer la création d’emplois verts dans leurs programmes et à soutenir des politiques publiques favorisant les matériaux locaux, afin d’éviter un verrouillage carbone du parc immobilier africain.
Selon les experts, la majorité des infrastructures qui existeront en 2050 en Afrique subsaharienne restent à construire, ce qui fait de ces choix de matériaux un enjeu central pour limiter les émissions et les effets d’îlot de chaleur urbain.
Avec dpa-news
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